D’après les dernières études du service statistique ministériel sur la santé et le social, la DRESS
Si l’aide prodiguée d’adulte à adulte est reconnue depuis plusieurs années par les autorités publiques
Dans ce nouveau numéro, la Fonda poursuit donc son exploration de possibles sociétés de l’engagement
Plus d’un demi-million de mineurs apportent une aide régulière à un proche en situation de handicap ou de perte d’autonomie.
Un engagement à la fois choisi et subi, des responsabilités individuelles et collectives imbriquées, ou encore une loyauté familiale et une prise en charge publique qui parfois se heurtent.
Avec la question des jeunes aidants, la réflexion se complexifie en intégrant les politiques de protection de l’enfant et l’ensemble des normes de ce qui devrait constituer une « bonne enfance ».
En tant qu’individus en construction, les jeunes sont perçus comme devant être préservés et accompagnés dans leur évolution. Comment alors accepter qu’ils consacrent une partie de leur temps à aider un proche, être confrontés de manière précoce aux difficultés de la vie, souvent au détriment de leur propre santé ?
Nous connaissons toutes et tous des personnes en situation de fragilité, qu’elle soit liée au grand âge, au handicap, aux troubles psychiques ou à la maladie en général. Mais voyons-nous — ou voulons-nous voir ? — toutes celles et ceux qui s’occupent d’eux au quotidien et ce d’autant plus quand il s’agit de très jeunes enfants ou d’adolescents ?
Prenons-nous conscience des conséquences de cette aide qu’ils apportent sur leur construction personnelle, sur leurs désirs
Dans ce dossier de rentrée, nous vous proposons donc de découvrir les regards, parfois contradictoires, de chercheurs et d’acteurs associatifs qui agissent pour les jeunes aidants. Leurs actions sont multiples et imbriquées : étudier les trajectoires des jeunes aidants dans le programme de recherche JAID ou l’enquête TrajAid, faire connaître leurs histoires avec les films documentaires de la Compagnie Aiguemarine, les orienter sur Ma Boussole Aidants, porter leurs revendications comme l’APF France handicap ou l’Unapei ou enfin leur proposer du répit, qu’il soit artistique avec JADE ou récréatif avec Évasion Famille Handicap.
Alors que la faiblesse du système de protection sociale se reporte sur les proches aidants faute de moyens
L’ESS démontre ici encore qu’en s’appuyant sur les complémentarités des différentes structures qui la composent et en créant de nouvelles formes de coopération, elle est capable d’apporter des solutions précises, efficaces et innovantes pour accompagner les aidants. Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons créer une société véritablement inclusive et ainsi nous assurer qu’aider soit un choix et non plus une obligation.