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Les indispensables
Une solution basée sur la monnaie-temps
Apparu au Québec, au début des années 2000, le concept des Accorderies a essaimé outre-Atlantique dix ans après, avec trente-sept Accorderies en France et un Réseau national, association composée des Accorderies.
L’Accorderie repose sur un système d’échange de services, individuels et collectifs, entre particuliers d’un même territoire de vie. La valeur d’échange est le temps et 1 h = 1 h quelle que soit la nature du service concerné.
Par exemple, quand un Accordeur vous aide à déménager pendant deux heures, il peut utiliser ce crédit de temps pour apprendre à coudre et disposer d’une aide pour tailler ses rosiers.
La monnaie-temps permet d’accéder à de nombreux services, et permet aussi de faire fonctionner le système. Les accordeurs sont ainsi payés en temps pour toute implication dans le fonctionnement de leur Accorderie, de l’accueil à la gestion.
Le besoin de renouveler la gouvernance
En 2017, un ras-le-bol général au niveau local, mais aussi national s’est exprimé par rapport au système de gouvernance pyramidal classique. Ce dernier était devenu en effet synonyme d’un manque de renouvellement et d’implication des Accordeurs dans la gouvernance, d’un épuisement des membres impliqués, mais aussi d’une coupure entre les membres dirigeants et la réalité terrain des Accorderies.
Pour y remédier, un nouveau schéma de gouvernance a été expérimenté depuis 2018 tant au niveau des Accorderies que du niveau national au sein du Réseau avec le «projet réseau 2021 ». Il porte ses fruits avec une forte hausse de l’engagement des membres, une montée en compétences de toutes et tous, ou bien encore par la création de commissions et de groupes de travail directement ancrés sur le terrain grâce à la participation des personnes-ressources issues du local.
Une gouvernance plus participative
La gouvernance du Réseau des Accorderies est désormais plus participative. Au sein du conseil d’administration, quatre pôles existent
Dans ces derniers se retrouvent tous les administrateurs et qui s’ouvrent parallèlement à l’implication ponctuelle ou structurelle de personnes-ressources issues des Accorderies.
À cela s’ajoutent le comité exécutif, qui est une instance de gestion des moyens, issue du Conseil d’Administration, et le conseil des sages, garant de la philosophie et du processus d’innovation, qui est en cours de préfiguration.
Deux principes tirés de la sociocratie irriguent le fonctionnement des Accorderies : l’élection sans candidat
Les difficultés et bonnes pratiques
Pour impulser un changement de gouvernance, il est essentiel d’être accompagné et formé par un facilitateur extérieur. Ce tiers de confiance facilite le changement de posture des membres. Il permet également la création d’une culture de la gouvernance partagée.
La construction d’un nouveau cadre de gouvernance prend du temps. Il est également opportun de déterminer les grandes lignes directrices, tout en laissant des interstices/ marges de manœuvre pour des expérimentations et des déclinaisons.
S’engager dans une refonte du schéma de gouvernance ne s’improvise pas. La structure doit déjà être suffisamment mature pour mener ce type de démarche, en ayant par exemple une bonne confiance entre les membres. Elle doit également investir dans les conditions de formation et d’accompagnement et logistiques afin de permettre aux membres de se rencontrer en vrai
Ressources bibliographiques
- Réseau des Accorderies, « Le réseau des Accorderies en France », [en ligne].
- Hannah Olivetti, « Les Accorderies, une solution innovante de lutte contre l’exclusion sociale », Fiches projets en coopération, juillet 2021, [en ligne].
Ce compte-rendu a été rédigé par Luc Hansen de la Fonda et relu par Zoé Renaut-Revoyre et Pascale Caron du Réseau des Accorderies dans le cadre de l’Université du Faire ensemble organisée par la Fonda. Il est mis à disposition sous la Licence Creative Commons CC BY-NC-SA 3.0 FR.
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