ÉVALUER LE COÛT GLOBAL DE LA VIOLENCE MASCULINE
Aujourd’hui en France, 91 % des mis en cause pour des délits et crimes
Pourtant, le genre s’avère le principal déterminant des comportements violents.
En effet, les hommes sont surreprésentés dans toutes les catégories d’infractions. C’est en découvrant ces chiffres impressionnants que l’autrice a voulu questionner l’efficacité des politiques publiques de sécurité à partir d’une grille d’analyse ainsi biaisée.
Lucile Peytavin propose donc d’évaluer le coût de la virilité comme l’écart entre les dépenses publiques (prévention, condamnations, compensations) imputables aux hommes et celles imputables aux femmes pour chaque catégorie d’infractions.
L’évaluation est effectuée à partir de données issues du monde académique et des statistiques publiques. Elle démontre méticuleusement que la violence virile a un coût direct : celui des dépenses de l’État consacrées aux principaux services publics concernés, à savoir les forces de l’ordre, les services d’incendie et de secours, la justice, l’administration pénitentiaire et la santé.
Mais cette violence a également un coût indirect pour la société, lié aux souffrances psychologiques et physiques des victimes, leurs pertes de production, les dommages matériels subis, les conséquences sur leur entourage, etc. L’autrice a tenté de le chiffrer à l’aide d’études évaluant monétairement la valeur d’une vie humaine.
Au total, la virilité coûterait 95,2 milliards par an selon ses estimations.
ON NE NAÎT PAS HOMME VIOLENT, ON LE DEVIENT
Ce livre n’est néanmoins pas écrit contre les hommes, mais contre la virilité. L’autrice démontre, à partir d’un survol des disciplines concernées par cette question comme l’anthropologie, la sociologie, la biologie et les neurosciences, que cette violence masculine n’est nullement naturelle ou innée, mais le fruit d’un long conditionnement historique et culturel
Le problème s’enracine dans une éducation inégalitaire commençant dès la naissance et se poursuivant ensuite de manière multiforme dans les différentes sphères sociales (école, loisirs, activités culturelles, travail, etc.).
La solution, selon Lucile Peytavin, serait de rapprocher l’éducation dispensée aux garçons, de celle dispensée aux filles. L’évaluation du coût de la violence virile, nécessairement imprécise, est destinée à encourager des programmes de recherche sur le sujet. Hommes et femmes, tous auraient à y gagner.