Une nouvelle norme de travail
La transformation numérique modifie fondamentalement l’organisation du travail. Nul ne peut ignorer les changements radicaux provoqués par le télétravail et son pendant désintéressé, le télébénévolat
La crise liée au COVID-19 est venue imposer ce mode de travail à l’ensemble des organisations, dont les associations et leurs salariés
![]()
Les responsables associatifs doivent maintenir un lien permanent avec l’ensemble des parties prenantes autour d’un projet commun pour réussir à les fédérer. Or, il est admis que l’activité à distance a une incidence « potentiellement négative sur les cultures organisationnelles existantes […] dans des structures associatives »
Des obstacles technologiques et communicationnels
Les principales difficultés soulevées dans le cadre du télétravail et du télébénévolat sont des obstacles technologiques et communicationnels
Les obstacles communicationnels dans le monde associatif se traduisent quant à eux par « des problèmes liés aux hiérarchies de pouvoir, d’organisation et de charge de travail »
Pour les salariés des quelque 170 000 associations employeuses
Enjeux en matière de santé au travail
Le télétravail s’est imposé comme nouvelle norme de travail. Les salariés associatifs, comme ceux des autres organisations, ont été plongés dans un environnement numérisé, impliquant un recours accru aux nouvelles technologies
Il était, certes, indispensable de mettre en œuvre ce mode d’organisation du travail pour protéger la santé de la population lors de la pandémie, néanmoins, il est désormais crucial de replacer le télétravail au cœur d’une politique de santé au travail dans les associations afin de pérenniser ce modèle.
La protection de la santé, notamment mentale, au travail est un enjeu sociétal majeur. Le parlement européen a rappelé dans un communiqué de presse l’urgence de mettre en œuvre des actions concrètes pour protéger les travailleurs.
Les députés y relèvent judicieusement les effets du télétravail sur la santé et la vie privée
L'obligation de prévention
L’obligation de prévention incombe à tout employeur, qu’il s’agisse d’une entreprise privée, d’une association ou d’une institution publique. Celle-ci se traduit par une exigence de prévention prévue aux termes des articles L.4121-1 et L.4121-2 du Code du travail imposant de mettre en place des actions d’information et de formation à destination des salariés pour éviter la survenance de risques pour leur santé.
La doctrine constate que « dans le secteur associatif, le virage numérique a souvent été pris de manière empirique, dans l’urgence, sans que les associations aient eu le temps et/ou les compétences internes pour anticiper les risques à court, moyen et long terme »
Des mesures telles que la mise à disposition d’outils adaptés au salarié, des évaluations régulières sur la charge de travail et des formations sur le travail sur écran seront décisives pour mesurer l’efficacité de la démarche de prévention poursuivie.
Bien sûr certaines associations commencent à comprendre l’importance de « prendre le temps de sensibiliser et de former les parties prenantes »
C’est donc une réflexion globale du secteur qui doit s’engager. La force du monde associatif résulte de sa capacité à fédérer. C’est précisément en associant l’ensemble des parties prenantes et en engageant un dialogue entre elles qu’une politique de prévention de la santé des salariés pourra répondre aux maux actuels.