Aborder les liens entre associations et collectivités en période d'élections municipales est en soi une évidence. Traiter ce sujet depuis 1981 est, sans aucun doute, l’une des marques de fabrique de la Fonda. En parallèle de ses travaux visant à construire une vie associative indépendante et reconnue, la Fonda a constamment cherché à faire reconnaître le rôle des associations sur les territoires. Pour cette raison, elle n’a cessé d’affirmer que « le dialogue avec la puissance publique était constitutif de relations saines permettant aux associations d’œuvrer efficacement
Dans les années 1980, ce sont les grandes lois de décentralisation qui marquent la vie des collectivités. Aujourd’hui, associations et collectivités doivent tenir compte de nouvelles échelles dans leurs activités : l’Europe et la mondialisation, qui rebattent complètement les cartes de l’emboîtement territorial. Ces transformations n’altèrent en rien la pertinence du but initial de la Fonda, poursuivi depuis trente-huit ans : « témoigner de l’importance de la vie associative en tant que composante essentielle du tissu social
Sans s’inscrire dans une démarche partisane, la Fonda porte résolument ce message politique, marqueur du vivre ensemble. La cité (polis), comprise, selon la définition d’Aristote
De nos jours, les liens entre territoires et citoyenneté sont toujours aussi prégnants. Une étude commandée par le Mouvement associatif témoigne de l’importance des collectivités territoriales et de la vie associative qui en découle
Mais des signaux doivent nous alerter. La crise des « Gilets jaunes » exprime avec fracas une peur forte de déclassement – non sans fondement – de la part d’une partie de nos concitoyens. Les politiques sociales de notre pays ont largement servi d’amortisseur, mais la crise financière de 2008 a démontré à quel point notre pays, et l’Europe tout entière, étaient fragiles. « Les Français avaient coutume de se représenter leur pays comme un lieu d’exception dont les extraordinaires potentialités étaient provisoirement altérées par de mauvais gestionnaires.
Pourtant, la temporalité du malaise est bien plus ancienne : « notre pays souffre d’un déséquilibre entre les espaces anthropologiques et religieux qui le constituent. Son cœur libéral et égalitaire, qui fit la Révolution, est affaibli. Sa périphérie, autrefois fidèle à l’idéal de hiérarchie et souvent de tradition catholique, est désormais dominante. Nos dirigeants, parce qu’ils ignorent tout du mode de fonctionnement profond de leur propre pays, aggravent sa condition par des politiques économiques inadaptées
Il y aurait là matière à désespérer… ou au contraire, à promouvoir le pouvoir d’agir des citoyens et à se réjouir de l’associativité dont fait preuve notre pays. Une société horizontale, qui inclut chacun et dont chacun est acteur, voilà sans doute notre espoir pour faire face aux crises sociales et environnementales qui sont devant nous.