La Bretagne confrontée au stress hydrique
Région dont quasiment 60 % du territoire est consacré à l’agriculture
Avec une sécheresse particulièrement forte à l’été 2022, deux hivers secs consécutifs et un déficit pluviométrique inquiétant
Les associations n’hésitent pas à s’en emparer également, à la demande des habitants. « Après ce que nous avons vécu pendant l’été 2022, le regard des Morlaisiens a totalement changé sur l’eau comme ressource », raconte Bénédicte Compois, directrice de l’association ULAMiR-CPIE.
Un nouvel enjeu est apparu autour de l’eau : celui de la quantité d’eau disponible et du partage de cette ressource.
ULAMiR-CPIE et l'eau
Implantée sur les bords du Douron, le fleuve séparant les deux départements du Finistère et des Côtes-d’Armor, l’Union locale d’animation en milieu rural (ULAMiR) s’est saisie de cette problématique à travers une diversité d’activités à destination des habitants du Pays de Morlaix.
Créée en 1974 pour animer les territoires ruraux, l’association loi 1901 accompagne également des démarches en faveur des transitions écologiques en tant que Centre permanent d’initiatives pour l’environnement (CPIE) depuis 2004
ULAMiR-CPIE met ainsi en œuvre depuis maintenant plus d’une vingtaine d’années des actions de sensibilisation, dont des sorties nature sur le cycle de l’eau
En effet 75 % de l’eau potable en Bretagne provient des eaux en surface
Comprendre le cycle de l’eau, c’est aussi apprendre à mieux utiliser cette ressource précieuse. Les équipes d’ULAMiR-CPIE proposent une entrée originale dans les problématiques hydriques : les liens entre la terre et la mer, entre le cours d’eau du Douron et son déversement dans la commune de Locquirec
Par la découverte de l’écosystème de la rivière, l’association sensibilise les enfants, mais pas que, aux notions de cycle de l’eau. Pour Bénédicte Compois, directrice de l’association, ces activités permettent de discuter avec les habitants sur les conséquences de leurs actes pour le cours d’eau.
En plus de ces sorties découvertes, l’association mène également des actions de sensibilisation. Son équipe a développé divers supports comme des maquettes ou des bars à eaux qu’elle anime dans des marchés, des foires ou des expositions du territoire. Par une approche ludique, l’association cherche à susciter la réflexion des passants sur l’eau.
Préparer les crises à venir
Comment aller plus loin ? Face aux restrictions potentielles d’eau, trouver des alternatives plus pérennes devient urgent. ULAMiR-CPIE travaille par exemple sur les possibles conflits d’usage, cherchant à promouvoir une utilisation plus raisonnée de l’eau.
Concrètement, l’association a initié un jardin partagé avec une équipe de bénévoles. Dans celui-ci, ils expérimentent ensemble comment limiter l’utilisation de l’eau au jardin, avec des oyas
L’association va également continuer ses projets de sensibilisations sur les marchés, en développant de nouveaux formats d’animation. Les demandes sont croissantes, que ce soient de la part des particuliers ou des collectivités. Pour Bénédicte Compois, « l’année 2023 est charnière, nous allons accélérer nos actions pour pouvoir anticiper au mieux les crises à venir. »
Au-delà de ces actions concrètes sur le territoire, ULAMiR-CPIE défend une vision politique de l’eau.
« Tout l’enjeu aujourd’hui est de replacer l’eau comme un bien commun, en apprenant à le gérer collectivement pour en bénéficier de manière équitable », conclut Bénédicte Compois.