Les démarches horizontales, citoyennes, qui s’appuient sur le croisement des regards et des apports, nourrissent les dynamiques des territoires. S’appuyant sur des logiques d’engagement, elles inventent les solidarités de demain. Les tiers-lieux en sont l’illustration.
Face au désenchantement démocratique, à la dislocation entre le local et le national
En somme, ils véhiculent un récit politique et un imaginaire collectif capable de reconnecter les institutions publiques avec la vitalité des acteurs impliqués sur le terrain.
Alors que de nombreux Français ont le sentiment de ne plus maîtriser leur vie, de subir des « coups du sort », les tiers-lieux se présentent comme des laboratoires de redynamisation. Ils apportent des réponses aux besoins spécifiques de chaque territoire et de ses habitants. Ils encouragent l’engagement citoyen au service de générations à venir et la pérennisation de «biens communs».
Le phénomène est en pleine expansion, avec 1 800 tiers-lieux recensés en 2018 et 3 000 en 2022
Les tiers-lieux sont des espaces où vivre concrètement la diversité.
Ils offrent l’occasion de se retrouver entre semblables, mais aussi de côtoyer d’autres cultures et de pratiquer l’entraide en partageant ses ressources.
Outre l’émergence de projets « hors cadre » s’y mêlent création de nouvelles activités économiques et activités d’utilité sociale. Résolument ouverts et lieux de convivialité, ils facilitent les rencontres informelles. Ce sont les interactions sociales imprévues et la richesse des échanges qui s’y produisent qui font la valeur du tiers-lieu
Un ensemble de personnes de tous les âges y travaille. Les bénévoles viennent de tous les milieux. Ensemble — citoyens, professionnels, entreprises, collectivités, associations… — ils forment une communauté d’acteurs et d’action. C’est en s’appuyant sur l’expérimentation, l’innovation sociale, et le faire ensemble que celle-ci développe des projets pour son territoire.
Le modus operandi propre aux tiers-lieux repose sur un socle de confiance.
En premier lieu, cette confiance est accordée aux citoyens. Elle propose ainsi un récit marqué par l’élaboration de « communs ». Les décisions n’y relèvent pas d’organisations hiérarchiques opaques, mais de formes transparentes d’autogouvernement. Pour cette raison, si les tiers-lieux doivent faire l’objet d’un soutien de la puissance publique, cela ne peut être sur la base d’une normalisation de leurs méthodes.
La société des communs constitue un projet de société vivant, propulsé par de nombreux mouvements et matérialisé par des pratiques alternatives partout dans le monde. Ce projet est structuré autour de communautés ouvertes de citoyens qui se réunissent pour produire et prendre soin des ressources, biens et services qui contribuent à leur épanouissement. Dans le contexte actuel où une fragmentation des sociétés est à l’œuvre, les tiers-lieux ont un rôle à jouer pour faire émerger et dialoguer des nouvelles façons de faire société.