Une virilisation du monde qui oppresse femmes et hommes
Chez les premiers hommes, le féminin prédomine d’un point de vue religieux et culturel
L’originalité de ce livre est de porter le regard sur le masculin lui-même
La violente éducation des hommes à la virilité
En effet, pourquoi ne pas se poser la question de savoir « si l’on naît homme, ou si on le devient ? »
La partie suivante du livre, qui montre comment on devenait un « vrai homme » au prix d’un dressage extrêmement violent, de la Grèce à Rome jusqu’au XXe siècle apporte des éléments de réponse
Ainsi, chez les Romains, s’exerçait un contrôle social permanent sur les corps masculins, de sorte que même des « défaillances viriles » bénignes, comme éternuer ou bâiller, étaient lourdement sanctionnées par des humiliations publiques.
À Athènes les jeunes hommes devaient subir un rite de marginalisation, fait entre autres de sévices sexuels, pour pouvoir ensuite faire un « retour triomphal » dans la communauté des hommes. Cette violence s’est poursuivie jusqu’au XXe siècle avec les modèles que l’on sait.
Une déconstruction du mythe viril
La « construction d’un homme » était une tâche extrêmement rude. Olivia Gazalé émet l’hypothèse que le crépuscule de la virilité proviendrait autant d’une crise interne au modèle masculin.
Les conquêtes féministes ne sauraient en être les seules responsables puisqu’elles viennent après ce crépuscule. En effet, montre Olivia Gazalé, la virilité a toujours douté d’elle-même, et ce depuis l’Antiquité.
Et l’autrice de considérer qu’au même titre que les femmes ont remis en question, depuis un siècle, leur assignation genrée, les hommes doivent faire de même pour se libérer du carcan viril.
« La réinvention actuelle des masculinités serait l’avenir du féminisme ». Ce livre peut, peut-être, encourager les hommes à s’engager dans de tels combats aux côtés des femmes ?

Olivia Gazalé, Le mythe de la virilité, un piège pour les deux sexes, Robert Laffont, 2017, 416 pages