Parler d’exigence à propos de l’égalité entre les femmes et les hommes signale qu’elle est une question nécessaire, à l’aune de laquelle nous devons considérer nos pratiques et nos représentations. La Tribune Fonda n°249 se penche sur la question.
Comment l'engagement et les combats pour l'égalité entre les femmes et les hommes se structurent-ils ? En quoi bénéficient-ils à la société dans son ensemble ? Autour d'entretiens, d'analyses et de présentations d'initiatives, le numéro explore l'Objectif de développement durable (ODD) 5, "égalité entre les sexes". Il éclaire les initiatives permettant de l'atteindre, en portant une vision inclusive et une exigence de justice.
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Liberté, égalité, adelphité !
Que de lois, de décrets et d’ordonnances pour instaurer une égalité entre les femmes et les hommes ! En France, les femmes ont obtenu le droit de vote en 1944. Elles ont pu ouvrir librement un compte en banque en 1965. Leur droit à maîtriser leur fécondité, condition indispensable à leur autonomie, a été reconnu en 1975. Et il a fallu attendre 1983 pour la reconnaissance de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. On peine à imaginer que dans la patrie des droits de l’homme et du citoyen, les femmes aient dû autant lutter pour revendiquer leur égalité avec les hommes
Pourtant, des inégalités persistent. Sur le plan démographique, les femmes composent 51,5 % de la population française (et même 52,3 % des électeurs
Ce combat pour l’égalité, deux femmes l’ont incarné. Dès 1949, Simone de Beauvoir soulignait qu’« on ne naît pas femme : on le devient
La situation a-t-elle réellement changé en 2021 ? Si ce combat reste d’actualité et tente désormais d'articuler les discriminations liées au genre, à celles liées à l’identité ou à la sexualité. Les hash-tags #MeToo et #MeTooInceste ont mis en lumière une réalité encore trop sous-estimée : la prédominance — consciente ou non — d’un patriarcat et des violences qui l'accompagnent. Cette forme d’organisation sociale instaure des rapports sociaux hiérarchisés aux ramifications complexes, que #MeTooGay et #BlackLivesMatter ont également dénoncé. Cette catégorisation binaire, qui continue de régir nos vies, refuse cette pleine diversité qui est la nôtre.
Il y a pourtant matière à garder espoir : nous vivons un tournant majeur, avec de très nombreuses formes de mobilisations qui surgissent de partout dans le monde. La domination masculine tend à se fissurer : la question de l’égalité des sexes serait enfin devenue « un sujet important » pour 80 % des personnes interrogées dans 17 pays, dans le cadre de l’étude publiée par Focus 2030 et Women Deliver
Qu’il n’y ait pas de malentendu. Il ne s’agit pas d’un combat contre les hommes, comme le rappelle bell hooks : « Le plus souvent, [les gens] pensent que le féminisme, c’est une bande de femmes en colère qui veulent être comme les hommes. Il ne leur vient même pas à l’esprit que le féminisme puisse être (…) un combat des femmes pour l’égalité des droits